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Maître secret

De Vents & Jardins
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Cette réponse d'ordre est très antérieure à l'actuelle logique des "hauts grades écossais". En effet, aux débuts du REAA, la réception au quatrième degré ne comportait pas encore toutes les sentences qui furent ajoutées ensuite par Albert Pike en 1857, puis modifiées, en France en 1922 par Oswald Wirth et Albert Lantoine[1]. Par ailleurs, ce grade n'était généralement pas pratiqué. Comme en Angleterre par exemple (au moins jusqu'à une date très récente), on passait directement du 3ème au 18ème degré, tous les grades intermédiaires étant conférés "par communication".

C'est donc à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème que le quatrième degré est devenu le grade "propédeutique", très accès sur les thèmes du Devoir et de la Connaissance, et au fond sur les fondamentaux de la philosophie de la Connaissance, tel que nous le connaissons actuellement.

Face à ces évolutions très importantes, trois attitudes principales me semblent possibles:

  • Soit minimiser les évolutions et s'en tenir au grade tel qu'il était à son origine, c'est à dire extrêmement pauvre et de très peu d'intérêt de l'avis de ses contemporains[2].
  • Soit imaginer une dégradation continue depuis un lointain passé mythifié en partant à la recherche d'une hypothétique sagesse perdue dont n'aurait subsisté, dès la rédaction des tous premiers rituels connus du grade, que de pauvres vestiges[3].
  • Soit, et c'est la voie que j'ai suivie, accepter l'idée que tout est impermanent et rester fidèle à la tradition progressiste du Convent de Lausanne. On appuiera alors la réflexion philosophique et initiatique sur le texte tel que nous le pratiquons maintenant, en restant très conscient qu'il ne provient pas d'une révélation primordiale parfaite issue de l'Age d'Or, révélation qui se serait continument dégradée au fil du temps. Au contraire, il s'agira de le voir comme l'état actuel d'une compréhension humaine en progrès. à laquelle chacun d'entre nous doit participer, "à sa place et à son office". Pour reprendre les mots du texte français de 1922:
«La Connaissance est un bien héréditaire que chaque génération de Francs-Maçons augmente et qu'elle transmet à celle qui suit.»[4]


Mais pour en revenir à la réponse d'ordre de ce degré, elle est restée telle qu'à l'origine et je crois que c'est une bonne chose. En effet, elle propose à chacun de nous une excellente énigme à résoudre:

Quel sens y a-t-il à se glorifier de «succès futurs» que nous ne sommes même pas certains de pouvoir obtenir un jour?

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Notes et références

  1. Voir à ce sujet la longue étude "Le chaînon manquant?» de Philippe Langlet dans le numéro 209, de 2025, de la revue Renaissance Traditionnelle.
  2. Voir par exemple ce qu'en disaient Ragon ou Tschudy dans leurs écrits.
  3. C'est évidemment là le point de vue des pérennialistes. On aura compris qu'en ce qui me concerne, je n'y crois plus du tout, depuis fort longtemps maintenant.
  4. Et du coup, pour ceux d'entre nous qui sont chrétiens, on se place alors assurément beaucoup plus dans la lignée d'un Pierre Theilard de Chardin que d'un René Guénon ou d'un Joseph de Maistre.

À suivre...

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